Echange franco-allemand-palestinien
Rencontre interculturelle de jeunes en formation professionnelle
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Projet porté par l’association « Une Terre Culturelle »- Marseille
Association Une Terre Culturelle
7, rue Auphan - 13003 Marseille
Tél 04 88 01 69 62 / 06 82 35 57 07 - Fax 04 91 44 69 62 – Mail : utc.marseille@gmail.com
SIRET 442 213 955 000 10 - CODE APE 913E
1. Quels sont les objectifs et les contenus du programme ? (thème général, centres d’intérêts principaux, objectifs particuliers, etc.)
Contexte
A la suite d’un séminaire de formation franco allemand palestinien organisé par Une Terre Culturelle en 2005-2006, nous avons décidé de poursuivre notre collaboration avec
la Palestine , en développant une rencontre de jeunes autour du thème « Partager la terre », et qui s’appuiera sur un atelier de création théâtrale. Travailler avec
la Palestine , c’est affirmer qu’il encore possible de mener des projets avec les populations d’une région de plus en plus isolée. C’est redonner de la mobilité à des jeunes qui n’ont pratiquement plus aucune chance de pouvoir sortir de leur pays afin de leur permettre de vivre l’expérience de la découverte d’un ailleurs et de la rencontre de jeunes d’autres pays. Parallèlement, c’est offrir la possibilité à des jeunes européens, français et allemands, de sortir des représentations véhiculées massivement par les médias, en rencontrant des jeunes palestiniens et en travaillant tous ensemble autour d’un projet commun.
C’est dans la confrontation à l’altérité et dans la découverte de contextes de vie différents que peut s’amorcer une ouverture sur l’extérieur et une réflexion sur soi-même. En apprenant de « l’autre », j’apprends à mieux me connaître moi-même et le champ des possibles s’élargit. De là est né ce projet d’un cycle de rencontres interculturelles entres des adolescents de plusieurs pays. La mobilité est fondamentale pour permettre à des jeunes de participer à l’aventure de la construction d’une citoyenneté européenne et euro-méditerrannéenne.
Ces rencontres seront bien sûr des temps d'échanges culturels et de découverte de l'autre, de sa culture, mais aussi le moment fort de la construction du projet théâtral (envisager l'écriture, la lecture, l'expression corporelle) et de sa mise en scène filmique. En décidant de travailler autour du théâtre, nous essaierons d’explorer de nouveaux moyens d’expression pour des jeunes issus des quartiers populaires. Travail sur le corps, les émotions, le ressenti, explorant d’autres chemins que celui de
la langue. Dépasser
les barrières linguistiques pour tenter de construire ensemble un projet entre des jeunes de différents pays et cultures.
Pourquoi « Partager
la Terre », et pourquoi le théâtre ?
Nous avons choisi de travailler sur la thématique de «
la Terre », car nous pensons que chaque individu porte avec lui une relation singulière avec cette Terre qui nous relie tous. En effet, suivant d’où l’on regarde, et d’où l’on se place, cette problématique du partage de la terre peut être abordée sous différents angles : on peut avoir une approche « écologique et environnementaliste » (développement durable), mais aussi « symbolique » (terre et identités) ou encore géographique et politique (terre et frontières…). Chacun, suivant sa culture d’origine et le pays dans lequel il vit, appréhende différemment cette question. On peut imaginer par exemple que pour des français et des allemands embarqués dans l’aventure de la construction européenne, sociétés métissées au fil des siècles, la question de l’identité soit centrale ; alors que la question des frontières géographiques importe davantage pour des palestiniens unis pour la reconnaissance d’un état souverain. Il en va de même si l’on veut aborder une approche de
la Terre plus écologique, où les contraintes ne sont pas les mêmes (problématique de l’eau en Palestine, de la pollution et de la gestion des déchets en Europe par exemple).
Pourtant, derrière toutes ces singularités, cette Terre, qui nous appartient tous, est parfois ce qui nous divise, mais aussi et avant tout ce qui nous unit.
Notre objectif n’est pas d’appréhender de façon frontale ces questionnements. Il s’agit plutôt de les faire émerger au travers d’ateliers, exercices et activités qui aborderont cette thématique de
la Terre de façon sensitive. Il s’agira, par un éveil et une sollicitation de nos sens (le toucher, les odeurs, la vue…) de tisser un champ d’expériences sensibles capables de confronter nos propres perceptions et d’une certaine manière un rapport au monde singulier.
A travers un atelier de création théâtral, il s’agira de construire un projet collectif explorant de nouveaux moyens d’expressions pour donner la possibilité à ces jeunes de nous dire leur rapport au monde et à cette Terre une et indivisible. Cet atelier, colonne vertébrale de cet échange, sera le lieu de l’expérimentation et de l’expression du collectif. En amenant les jeunes à s’exprimer sur des domaines qui les concernent, il s’agit de leur offrir dans cet atelier un véritable espace d’écoute, pour leur faire prendre conscience de ce qu’ils ne soupçonnent même pas détenir. Chacun portant avec lui sa propre vision et son propre savoir ; tous ensemble nous offrant le regard cohérent d’une jeunesse multiple sur un monde menacé.
L’atelier théâtre sera conduit par
Marie Fouillet
, de l’association Pachamama, comédienne et professeur d’art dramatique qui mène depuis plusieurs années des ateliers en direction des jeunes issus des quartiers populaires de Marseille. Depuis deux années, elle développe également un atelier théâtre au
lycée Denis Diderot
de Marseille, lycée partenaire de ce projet d’échange.
L’association Pachamama travaille autour des problématiques de la paix, de la non violence, du respect de la vie et de la « terre mère ».
Déroulement
Mise en œuvre
1) Marseille Du 01 au 10 décembre 2006
2) Palestine (ou dans le Sinaï en Egypte, si ce n’est pas possible) Mai 2007
3) Berlin Octobre 2007
Durée
Chaque phase se déroulera sur 10 jours (dont deux jours de voyage), pour permettre à la fois d’avoir du temps pour l’atelier théâtre, tout en développant des activités autour de la thématique de
la terre. Une
production est prévue à la fin de chaque phase, émanant de l’atelier théâtre, peut-être enrichie par un support vidéo (pour pouvoir être plus largement diffusable).
Objectifs généraux
- Réalisation d’une création théâtrale en commun, intégrant des éléments vidéos, et découverte de nouveaux moyens d’expression.
- Réflexion sur les processus d’apprentissage interculturel.
- Par l'échange interculturel, prendre du recul sur soi pour mieux appréhender l’autre et l’ailleurs.
- Sensibiliser et informer aux enjeux du développement durable, notamment du « partage de la terre » pour un mieux vivre ensemble, à partir d’activités et d’exercices « sensibles ».
- Découvrir les réalités locales en France, Allemagne et Palestine.
Objectifs pédagogiques
- Réaliser un projet collectif trinational, en dépassant les barrières linguistiques.
- Initiation aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (création d’un blog, visioconférence, projection simultanée dans les 3 lycées des représentations théâtrales).
- Donner l’envie d’approfondir ses connaissances linguistiques, grâce à un travail de correspondances puis de rencontres avec des jeunes de pays, langues et cultures différentes.
- Par cette expérience, offrir de nouvelles perspectives d’insertion professionnelle aux participants
2. Quelles méthodes et quels moyens pédagogiques sont envisagés ?
Nous construisons nos échanges, en nous appuyant sur des méthodes issues de l’éducation informelle, comme alternative à un apprentissage dit scolaire. Il n’est pas question d’opposer un type d’apprentissage à l’autre, mais de permettre pendant ces temps d’échanges de se confronter à d’autres méthodes pédagogiques. Le principe de base est de dire que c’est en éveillant la curiosité que l’on peut donner envie à des jeunes d’apprendre pour eux, sur eux et sur les autres. Pour susciter cette curiosité, nous pensons que la pratique (jeux, exercices pratiques, ateliers artistiques et culturels, discussions...) peut être un préalable nécessaire à une approche plus théorique autour de la thématique de notre projet
Dans chaque rencontre, nous mettrons en place un cadre d’apprentissage interculturel créatif et interactif entre les participants (« apprendre l’un de l’autre », « se connaître soi pour mieux connaître l’autre »). Pour cela, nous élaborerons nos programmes autour d’une architecture de base qui a fait ses preuves et qui comprend :
- Des exercices verbaux et non verbaux de mise en relation, de découverte, de communication et de confiance.
- Des méthodes de décryptage et décodage, des exercices interculturels favorisant la connaissance de sa propre culture et des autres cultures.
- Des exercices et jeux d’animation linguistique pour sensibiliser les participants à l’apprentissage d’autres langues.
- Des activités « sensitives », pour aborder une thématique par un autre biais que
la discussion. Réfléchir
sur une thématique à partir « d’expériences sensibles »
Parallèlement, l’atelier théâtre permettra de développer de nouveaux moyens d’expression, par un travail sur le corps, les émotions, le ressenti, en explorant d’autres chemins que celui de
la langue. Il
y a donc l’idée d’un va et vient et d’un enrichissement mutuel entre le contenu de cet atelier théâtral et les autres activités du programme. L’un permet de nourrir l’autre.
3. La communication linguistique
Prévoyez-vous une animation ou des activités linguistiques régulières ?
Pour cette rencontre, trois langues seront présentes : le français, l’allemand et l’arabe. Pour dépasser les blocages liés à la barrière linguistique, nous avons prévu de travailler avec trois interprètes (français-allemand, français-arabe, allemand-arabe).
Parallèlement, nous avons prévu chaque jour, 1 heure d’animation linguistique pour sensibiliser les participants à la langue de chacun. (en plus de la préparation linguistique en amont). Ces animations, sous forme de jeux et d’exercices jouent aussi un rôle central pour créer un cadre de confiance entre les différents participants et contribuent à la dynamique de groupe.
Les animations linguistiques, ainsi que le travail d’interprétariat seront assurés par des personnes ayant une grande expérience des échanges interculturels, et travaillant régulièrement pour des projets soutenus par l’OFAJ. Nous avons conscience de la spécificité de ce travail qui est une des clés de la réussite de ce type de projet, et c’est pourquoi nous nous entourerons de personnes qualifiées.
En outre, il nous paraît important que les interprètes dorment sur place avec le groupe, afin de participer pleinement à cette aventure collective, et de pouvoir être disponibles en cas de besoins lors des temps informels. Il en va de la cohésion du groupe.
4. Comment les animateurs et les participants vont-ils préparer le programme ?
Du côté de l’équipe d’animation
Correspondances par internet
Pendant toute la durée du projet, les partenaires du projet communiqueront via internet. Un blog va être prochainement créé ; il permettra une centralisation et un partage des informations et garantira un historique des différentes conversations.
Première rencontre à Avignon
Les 26 et 27 juin 2006, une première rencontre a eu lieu entre les partenaires allemands et français du projet. Dans le cadre d’une formation de base aux échanges interculturels, organisée par le BAPOB (Berlin) et le CEMEA (Paris), un temps était consacré au développement
de projets. Cette
première rencontre était une étape indispensable pour apprendre à mieux se connaître, à clarifier les désirs et objectifs de chacun.
Rencontre de préparation en septembre
Nous avons décidé une rencontre de préparation entre les partenaires des trois pays à la mi-septembre 2006. Trois jours pour faire davantage connaissance et élaborer en commun le contenu définitif du programme. Il s’agira aussi de définir précisément les rôles de chacun, de traiter des questions budgétaires, de repréciser les objectifs de la rencontre, de valider les questions logistiques (hébergement et nourriture, transport des participants…) et de réfléchir à la préparation en amont des participants.
Trois jours d’apprentissage interculturel entre nous où il s’agira de clarifier nos visions propres en matière d’éducation et de pédagogie, où nous devrons aborder les questions de législation ; où nous devrons trouver un mode de fonctionnement efficace et cohérent.
Du côté des participants
Dès le mois de septembre, soit trois mois avant le premier échange prévu à Marseille, des rencontres régulières entre les participants vont être mises en place dans chacun des trois pays, pour permettre aux participants de préparer au mieux ce projet. Dans la mesure du possible, nous essaierons de trouver un créneau horaire commun aux trois groupes. C’est lors de ces rencontres régulières que pourront aussi intervenir certains professeurs du lycée, et que se concrétisera l’investissement du corps enseignant.
En amont, mais aussi entre les différentes phases, l’idée est de développer une correspondance entre les différents groupes. Pour cela, différentes actions sont prévues:
- Visioconférences simultanées entre les trois pays
- Création d’un blog
- Réalisation de « carnets de bord » personnels (textes, dessins, photos, collages…)
Ces rencontres et correspondances permettront de mieux sentir les aspirations de chacun et de permettre aux jeunes de s’impliquer dans un échange au-delà des trois rencontres prévues ; elles permettront aussi d’appréhender les spécificités des rencontres interculturelles et de préparer l’accueil du groupe sur Marseille, puis les déplacements en Allemagne et en Palestine. Quelques interventions sur l’Histoire de nos trois pays donneront quelques éléments de compréhension historique sur la situation contemporaine de nos pays.
Enfin, un travail de préparation linguistique sera effectué pour donner des bases nécessaires à une communication minimale. La pratique de langues étrangères n’étant pas un critère de sélection, cette préparation en amont trouve toute son importance. Au-delà d’un vocabulaire de base, nous les initierons au vocabulaire technique du théâtre, pour faciliter le travail au sein de l’atelier.
5. Quelle est la composition du (des) groupe(s) ? (scolaires, étudiants, jeunes en voie de formation, jeunes professionnels ; sexe ; handicapés ; nationalité des participants issus du pays tiers)
Ce projet est né du programme « Médiateur jeunesse », piloté par l’OFAJ, dans lequel ont participé en tant que formateur interculturel Rafik Mousli (Une Terre Culturelle) et Magdalena Scharf (BAPOB). L’objectif de ce programme, regroupant formateurs interculturels et chercheurs, était de réfléchir sur les moyens à mettre en œuvre pour pouvoir toucher un public inatteignable par l’OFAJ. Dans ces publics prioritaires, se trouvent notamment les jeunes issus des milieux défavorisés résidant dans les quartiers populaires des villes.
Ce projet d’échange trinational s’est donc monté en partenariat entre trois associations spécialisées dans l’organisation de rencontres interculturelles
Une Terre Culturelle à Marseille
BAPOB à Berlin
le Centre de
la Paix à Gaza
ainsi qu’entre trois lycées professionnels
Merian Oberschule – Gesamtschule dans le quartier de Köpenick à Berlin
Lycée professionnel
Denis Diderot
dans les quartiers nord de Marseille
Lycée Khaled Al Hassan